30 avril 2006
C’est quoi un tabloïd ?



En ces temps difficiles pour la presse quotidienne, ils sont nombreux à s'interroger sur l'arrivée de la presse tabloïd dans l’hexagone. France Soir, par l'intermédiaire de ses nouveaux repreneurs*, pourrait dégainer le premier dans les prochaines semaines, ce format déjà bien établi ailleurs en Europe est-il la dernière bouée de sauvetage pour éviter le dépôt de bilan ?
Populaire et Sensationnel, le journal britannique « The Sun » est sans doute aujourd’hui le symbole de ce type de presse, il s’en vend plus de 3 millions par jour outre manche. Au menu, gros titres, photos chocs et potins mondains, ajoutez à cela les résultats du loto, le tiercé, du sport à gogo sans oublier les mots croisés. L’actualité dite « généraliste » est relayée au second plan quand elle n’est pas purement et simplement supprimée. Souvent grossier, inculte et superficiel, le tabloïd adore chercher la petite bête et lancer les pires rumeurs, l’intox à pignon sur rue, la déontologie n’à qu’à bien se tenir.
Revers de la médaille, au pays du tabloïd, l’illettrisme est roi. D’après les dernières enquêtes, 15% de la population ne saurait pas lire correctement. Pire encore, 7 millions de Britanniques ne disposeraient pas des connaissances fondamentales d’un enfant de onze ans. Phénomène également largement perceptible en Italie et Outre Rhin, là bas aussi les tabloïds font fureur, faut-t-il donc y voir un lien de cause à effet, peut être, ça y participe dans tous les cas.
Sommes nous donc prêts en France à accueillir ces fameux tabloïds ? Faut-il encore rabaisser le niveau déjà bien bas en cette période préélectorale ? Après la télé et sa « réalité », la presse est, elle aussi, en train de changer pour éviter de fermer boutique, le trash et le people ne sont-ils pas pour autant une excuse, un faux prétexte pour abrutir un peu plus les masses ? D’autres solutions existent, il faut l’espérer vivement…
*Le tribunal de commerce de Lille s’est prononcé en faveur du projet de reprise de l’homme d’affaires Jean-Pierre Brunois associé au journaliste Olivier Rey. Les salariés ont fait appel de cette décision.
Le Blog des journalistes de France Soir : http://www.francesoirenlutte.com
Bouygues chez Alstom, en attendant les centrales.

Stupeur cette semaine sur les marchés financiers, le groupe Bouygues a annoncé le rachat – Bruxelles doit encore donner son feu vert – de la part de l’Etat dans Alstom, avec un chèque de 2 milliards d’euros, le roi du BTP devient le premier actionnaire avec 21% du capital. Très bonne opération pour le contribuable. Souvenez vous en 2004, Alstom – leader mondial dans la production d’énergie – évitait de justesse le dépôt de bilan grâce au gouvernement qui décidait d'injecter 800 millions pour sauver les restes d’un champion tricolore. 2 ans plus tard, l’affaire a donc été juteuse, la plus value atteint la coquette somme de 1.2 milliards d’euros.
Gagnant aussi, le groupe Bouygues, la restructuration d’Alstom effective – les chantiers de l’atlantique sont en cours de cession – le bétonneur déboule l’esprit tranquille et sans trop de casse, le sale boulot a déjà était fait. Les « Bouygues boys » entrent également, par la petite porte, dans un secteur en forte croissance, l’énergie. Martin Bouygues n’a jamais caché son désir d’absorber Areva et ses précieuses centrales nucléaires, problème de taille, l’état n’est pas vendeur, Dominique de Villepin l’a répété dernièrement. A 1 an des présidentielles, la privatisation paraît pourtant inévitable et surtout un candidat n’y serait franchement pas hostile, Nicolas Sarkozy, tiens tiens…
Bingo ! Bouygues et Sarko, ces deux là s’entendent à merveille et se connaissent bien, l’un a été le témoin du mariage de l’autre… On s’en doutait déjà, après Balladur en 95, Sarkozy sera donc bien le candidat de TF1 pour 2007, la chaîne – propriété de Bouygues – sera une nouvelle fois mise à contribution au service des ambitions du groupe. L’intense propagande médiatique autour du candidat Sarkozy ne fait que commencer, gare à l’ingestion…
France 4 dynamite la TNT !

Dernière née dans la galaxie France Télévisions, France 4 est sans doute la seule véritable offre alternative disponible sur la TNT. Une chaîne généraliste, culturelle et musicale à mille lieux des TMC, NTI et autre NRJ 12, également disponible sur la télévision numérique terrestre.
Tenez par exemple, hier soir j'ai regardé le Printemps de Bourges, superbe soirée diffusée dans le cadre de « En direct de » l’émission événementielle et musicale animée par le très british et déjanté Ray Cokes. Au programme de cette soirée : captation live et boeufs improvisés avec Dionysos, Anaïs, Artic Monkeys, Cali et Katerine. France 4 c’est aussi les concerts sauvages diffusés une fois par mois, musique actuelle souvent rock et toujours électrique, Archive est le prochain groupe invité, rendez vous le 19 Mai à 20h50. Taratata, émission cultissime de Nagui a également repris du service à l’occasion de la naissance de la chaîne, Les Red Hot Chili Peppers, Grand corps malade ou encore Olivia Riuz seront de la partie le 5 Mai à 20h50.
La culture tient également le haut de l’affiche avec Le Culture Club, émission quotidienne présentée par Stéphane Blakowski et Alexis Tregarot, la sélection littéraire, les nouvelles sorties cinéma et des rencontres avec les artistes et les nouveau talents, le tout dans une ambiance tamisée et branchouillarde. On regrette quand même le défunt « rive droite, rive gauche » de Thierry Ardisson sur Paris Première. Spectacle et théâtre sont également au programme et de façon régulière, tant mieux.
Au rayon « mauvaises nouvelles », on regrettera le manque d’originalité sur les séries et une tendance un peu trop systématique à rediffuser. Tout n’est donc pas parfait évidemment, reste que France 4 apporte beaucoup de sang neuf. Pour une fois je vous l’accorde, je n’ai pas pu résister à leur faire un peu de promo, mais c’est pour votre bien. Découvrez la chaîne sur son site internet. Disponible sur la TNT, le câble et le satellite. Désolé, ici pas de télé réalité. Cauet et les boites sont toujours sur la Une, qu’ils y restent…
29 avril 2006
L’info « Low Cost », comment ça marche ?

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BFM TV a été lancée le 28 Novembre dernier sur la TNT et le satellite, une nouvelle chaîne d’information en continu, généraliste et économique d’après ses promoteurs. Le groupe NextRadioTV applique les mêmes recettes qui ont fait le succès de ses radios BFM et surtout RMC, info low cost et « maxi profits »…
Retour en arrière. Il y a 6 ans déjà, l’ex grande radio du sud – RMC – au bord de la faillite est vendue au profit d’Alain weill (ancien d’NRJ) avec l’aide d’un fond d’investissement Américain. La radio Monégasque déménage et prend ses quartiers dans le 15ème arrondissement de Paris, en bordure du périphérique. Immeuble en verre à l’américaine, hôtesses d’accueil et badges électroniques sont comme ailleurs de rigueur, la nouvelle citadelle de l’info à des allures de fourmilières, ça sent le neuf, le temps est venu de passer à l’attaque… Weill et son consultant Américain font table rase du passé, on licencie et placardise à tour de bras d’un côté, on embauche plein de petits jeunes et des stagiaires de l’autre. L’antenne d’RMC est totalement revue et corrigée sur un concept « info, talk, sport » directement importé des States, des flashs infos toutes les heures, en lieu et place des journaux trop longs et surtout trop coûteux, des auditeurs qui réagissent en direct face à l’actu et du sport en fin de journée, voici donc le programme. A l’écoute c’est un joyeux bordel organisé, la consigne est donnée aux animateurs de la station, il faut que ça chauffe, plus ça gueule mieux c’est, il paraît que les Français ne sont jamais contents, vérification est faite au standard ! Immigration, chômage, insécurité, services publics, mariage homo… Rien n’est laissé au hasard, la polémique engendre les appels – surtaxés – et remplit l’antenne, on économise sur les coûts de grille et on fait de l’argent sur la connerie des gens. Pari gagné pour Alain Weill, RMC remonte son audience – au plus haut depuis 20 ans – et retrouve l’équilibre financier, une réussite qui a beaucoup surpris dans le microcosme médiatique.
2002, la cash machine est en marche, RMC rachète BFM, une radio d’information en continu axée en priorité sur l’économie et les marchés financiers. Encore une fois, l’antenne est appelée à évoluer, on taille dans les effectifs et on coupe dans les grilles, l’info économique se met à la disette ! Des rendez vous d’infos et des points bourses réguliers, des émissions multidiffusées et des invités à foison, les grandes vedettes sont débarquées. La station déménage et s’installe à côté de sa grande sœur RMC, l’étage au dessus, le principe de la manœuvre est simple : éviter les doublons et faire un maximum de synergies. Publicité et direction sont communes au deux radios, animateurs et journalistes sont également priés de mettre la main à la pâte, l’ascenseur fonctionne à plein régime, quelques minutes suffisent à passer d’un studio à l’autre, le contenu change mais pas les visages, de toutes façons l’image on s’en fout, ce n’est que de la radio…
L’image justement, à l’heure de la révolution numérique, Alain Weill entend jouer dans la cour des grands, son groupe aura lui aussi « sa télé » et pour peaufiner son nouveau bébé, NextRadioTV n’a pas d’autres choix, il faut faire appel aux marchés, l’action a été introduite en Octobre dernier à la bourse de Paris soit quelques semaines seulement avant le démarrage de BFM TV. La chaîne est fabriquée depuis le berceau du groupe, pas de petites économies, comme pour la radio, les idées sont à peu près les mêmes : « La nouvelle chaîne de l’info » propose de l’info en continu et tout en images durant toute la journée. Avec un budget 3 à 4 fois plus réduit que la concurrence – LCI et I télé – la rédaction est composée d’une petite soixantaine de journalistes dont 10 reporters. Pas de bureaux à l’étranger, BFM TV reprend les images des télés étrangères, le recours aux archives est aussi nécessaire pour meubler certains sujets. Pas de télé sans paillettes, quelques ex-grandes vedettes ont été rappelées en renfort pour incarner l’information, le matin et en soirée, Ruth Elkrief ainsi qu’Olivier Mazerolle – tout juste écarté de la direction de l'info de France2 – seront désormais les visages de la chaîne, tout le monde les connaît et en plus ils sont moins chers. Côté studios, là encore on a vu simple mais fonctionnel, le désormais kitchissime mur d’images a été ressortit des placards, il permet de changer de décor en 2 temps, 3 mouvements, c’est aussi ce qu’il y a de moins beau à la télévision. Reste le papier cadeau, autrement dit l’habillage de la chaîne, sans doute ce qu’il y a de plus réussi, une grosse voix à l’américaine et des petits relents de CNN, là par contre c’est du sérieux…
Weill a compris une chose en radio et sans doute aussi en télé, peu importe le contenu ou la marchandise – que seuls les plus avertis jugeront – le superficiel a depuis longtemps remporté la mise, c’est donc bien l’aspect ou plus précisément l’emballage qui suffira de lui même à attirer le chaland. Pari gagné ? Peut être, 5 mois à peine après son lancement sur la nouvelle Télévision Numérique Terrestre, BFM TV a déjà dépassé sa rivale I télé*.
* Enquête trimestrielle de Médiamétrie : http://www.mediametrie.fr/resultats.php?resultat_id=259&rubrique=tv
INFO PLUS : Le succès aidant à mettre un peu de beurre dans les épinards, BFM TV devrait intensifier la contre-attaque et ce dés la semaine prochaine. Moins de 6 mois après son arrivée, une nouvelle grille fera son apparition Mardi 9 Mai, l'information sera désormais "incarnée" en journée par de nouveaux visages, promet la chaîne, mettant ainsi un terme au fameux "tout en images" (sauf le week end).
Source : I Médias.
21 avril 2006
Morandini dérape, encore...

Jean Marc Morandini Moi-même Maître du Mondes des Médias* à encore fait des siennes cette semaine. Non content d’être désormais dans le petit écran tous les soirs et après avoir développé le concept d’émission sur les médias à la radio, Morandini s’attache désormais à casser la concurrence. Toujours à l’affût du moindre scoop, souvent futile et toujours tiré par les cheveux, l’animateur – qui se fait appeler aussi journaliste – nous a encore offert une belle perle ce mercredi, extrait :
« information Europe1 : c’est la fin d’Arrêt sur Images. Selon nos informations, France5 a décidé de supprimer à la fin de la saison l’émission de Daniel Schneidermann en raison d’une baisse des audiences mais aussi également du refus de la TOTALITE du monde de la télé de participer à cette émission. Une émission qui a de moins en moins d’intérêt et qui décrypte de façon unilatérale le petit écran. De plus les attaques SYSTEMATIQUES ces derniers jours contre Béatrice Schonberg et Arlette Chabot ont poussé la direction de France5 à prendre cette décision qui devrait être annoncée le mois prochain… »
Pas de bol, l’info était bidon et a été démentie par le principal intéressé mais aussi par la direction de la chaîne, là par contre ça n’est pas une tartufferie mais une dépêche officielle émanant de l’AFP. C’est donc encore raté ce coup ci pour Morandini qui de façon systématique et depuis quelques mois déjà s’attaque régulièrement à Daniel Schneidermann. Autoproclamé défenseur de la bonne télé et pourfendeur de la langue de bois, il ferait peut être bien de faire un peu de ménage devant sa porte…
* surnom donné par libé.
19 avril 2006
La radio, toujours plus bas…
Ils étaient attendus et redoutés, les derniers chiffres de l’audience radio sont tombés hier, inquiétants, ils confirment la mauvaise santé de la radio hexagonale. Comme à chaque fois depuis quelques temps, on retrouve le tiercé gagnant – NRJ conserve sa première place, devant RTL et France Inter – et comme à chaque fois aussi, un seul constat s’impose, l’audience générale continue de s’effriter. D’après la nouvelle enquête trimestrielle de Médiamétrie, 83.2% des Français écoutent la radio au moins une fois par jour, un score honorable, pourtant ils étaient 86.8%* trois ans plus tôt… Alors pourquoi ça baisse ?
Version officielle, partagée par l’ensemble des acteurs (couteaux rangés pour faire bloc), c’est la faute à la révolution numérique. TNT, jeux vidéos, ipod, téléphonie mobile sans oublier internet, autant d’excuses pour éviter de se remettre en question. Autres facteurs qui expliquent cette « baisse de tonus », la société des loisirs boostée par le phénomène des 35h et autres RTT… Effectivement, la multiplication des supports et les nouveaux médias ont quelque peu élargi l’offre, mais alors pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt?
Les vraies raisons sont peut être moins présentables, car plus de choix ne veut pas dire plus de qualité, on l’a bien vu avec la télévision satellite : une centaine de chaînes mais au final toujours les mêmes programmes réchauffés. Alors non ce n’est pas la faute des autres mais bien celle des radios. Aujourd’hui la bande fm est encombrée par une offre musicale formatée à outrance, des tubes, des hits et du « groove » en veux tu en voilà, le tout matraqué tout au long de la journée et à longueur de semaines, le lavage de cerveau commence sérieusement à fatiguer l’auditeur, on le comprend. Seul point positif, désormais le marketing bête et méchant a du mal à passer, l’auditeur n’est pas un c…
A côté de leurs petites sœurs musicales, les stations généralistes n’échappent pas à la règle. RTL, Inter et Info ont fortement souffert, Europe1 résiste tant bien que mal. Seule exception notable, RMC, l’ex grande radio du Sud profite encore de l’effet Alain Weill, propriétaire depuis 5 ans, il a redressé l’audience avec l’aide d’une méthode qui a fait ses preuves outre Atlantique, beaucoup de talk (traduction, café du commerce), du cul et du sport à foison. Les autres stations généralistes proposent de tout : info, culture, débats, politique, musique, astrologie, sciences ou ballon rond…émissions variées certes, mais sans saveurs, la faute au conformisme ambiant, à cette fameuse langue de bois, des invités prudents, des politiques trop habitués (à faire les questions et les réponses) et des journalistes retranchés derrière leurs petits micros.
Comme pour la presse**, la radio à son tour n’échappe pas au coup de règle sur les doigts. Alors osons le changement pour étonner, attirer et s’affirmer. Si tel n’est pas le cas, la radio deviendra transparente elle aussi, laissant le champ libre à la télévision de Coca Cola. Pas besoin de son pour vendre des bulles, l’image peut-elle suffire ? J'espère que non…
* source : Le Figaro.fr
** article sur la crise de la presse à lire dans la catégorie « Le Buzz de la presse ».
07 avril 2006
118 ???

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C’est fait, le marché des renseignements téléphoniques est passé dans le privé. Depuis le 1er Avril, vous avez le choix parmi 23 opérateurs, le 12 c’est fini, place maintenant au 118… Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous avez pas prévenu, avec une campagne de pub de 50 millions d’euros, les nouveaux entrants ont matraqué nos radios, les journaux, la tv sans compter internet.
Premiers grands gagnants de ce marché de 300 millions d’euros, les médias ne pouvaient se priver de passer à côté du phénomène, surtout en période ou le marché publicitaire n’est pas franchement folichon. Publicité classique, promo antenne, publi-reportage, émissions, jeux…les 2 gogols du tou tou you tou et la grand-mère vicieuse, sympathiques peut être au début, ont franchement joué avec nos nerfs, votre temps de cerveau disponible a été mis a rude épreuve.
Un seul exemple, Europe1. Ecrans pubs bombardés, comme ailleurs, mais ça ne suffisait pas, les annonceurs ont donc redoublé d’énergie et surtout d’imagination. Un numéro désormais célèbre parraine actuellement plusieurs émissions tout au long de la journée, le même numéro vous donner l’heure également sur l’antenne, juste avant le carillon. Autre combine, la publicité déguisée au travers d’émissions « débats », question du jour : avez-vous retenu VOTRE numéro ? Bien sur que oui, qui ne l’aurait pas fait même inconsciemment. Les auditeurs affluent au standard et chacun donne son préféré, comme au tiercé…
Dans le classement des grands perdants, le consommateur est de loin sur la première marche…Quand un seul numéro suffisait largement à vous donner les meilleurs renseignements, il faudra choisir maintenant parmi une quarantaine de numéros ! Service payant, rien à redire là-dessus ou presque… les tarifs n’ont pas connu de grosse inflation, la qualité en revanche pourrait sérieusement en pâlir. A l’heure de l’économie du virtuel, les renseignements n’échappent pas à la règle, appelez pour trouver un hôpital à Bordeaux, on vous répond depuis Casablanca !
Le « business plan » (vocabulaire des boursicoteurs) est simple. Pour payer la pub, les nouveaux opérateurs – à quelques exceptions près – ont taillé sur les coûts du travail… Rigidité du système Français oblige, on ouvre donc des « call centers » à l’étranger, bureaux aseptisés dans lesquels on entasse de gentils salariés à la chaîne, uniquement dévoués à vous renseigner. Rien de scandaleux si l’on compare le coût de la vie, les salaires sont même finalement plutôt motivants là bas, nous dit-on. Maroc, Tunisie, Chypre, Israël… Le marché est florissant sur les bords de la Mediterranée.
On espère juste que les kilomètres, n’entraîneront pas quelques fritures sur la ligne… Proximité et mondialisation sont ils compatibles ? Si les termes sont par définition totalement opposés, les nouveaux 118 pourraient finalement les réconcilier, du moins on l’espère. C’est pas gagné d’avance.
05 avril 2006
Les médias ANTI CPE, peut être. PRO SARKOZY, sûrement.

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Beaucoup d’actu ces dernières semaines pour nos chers médias. Karcher à l’automne, pavés au Printemps, Le CPE passionne les foules – pour ou contre – et mobilise toutes les énergies à droite comme à gauche, syndicats, politiques, commentateurs, peoples et anonymes. Pour une fois, télévisions, radios et journaux ont plutôt bien fait leur boulot, la couverture médiatique – au début timide et massive actuellement – a été en phase avec le mécontentement exprimé par la France d’en bas, rues et caméras en symbiose, certains évoquent déjà un parti pris pour les manifestants, peut être…
Si les sondages souvent décriés, ont montré une écrasante majorité de Français opposés au texte, les manifs ont en tout cas mis tout le monde d’accord, la grogne est bien là et tout porte à croire que ça n’est pas terminé, la France au bord de la guerre civile ? Heureusement les médias ne nous ont pas joué cette partition, pour l’instant. Ils ne pouvaient pas, en revanche, se mettre à dos des millions de téléspectateurs, la télé réalité n’ayant pas encore écervelé tous les esprits, la masse – et son temps de cerveau disponible – est donc descendue dans la rue sans craintes. Journalistes complices ? Objectifs ?
En tout cas, Sarko & co ont encore profité de la crise pour gagner quelques électeurs et surtout, éviter de perdre du terrain face à Villepin, à presque un an des présidentielles, ce dernier a donc été sacrifié sur l’autel du consensus. Si le dossier n’est pas encore totalement réglé, on se demande oû est passée la fameuse « rupture » prônée par la place Beauvau… Pire, Mr Sarkozy est il devenu schizo ? En janvier dernier, il revendiquait la « paternité » du Contrat Première Embauche, il se disait « à 200% » derrière le gouvernement, ah bon ? Entre temps, populisme et sondages aidant, le petit Nicolas a mis beaucoup d’eau dans son vin, les convictions c’est comme le temps, mieux vaut ouvrir la fenêtre pour voir ce qu’il s’y passe.
Merci donc à TF1, France2, LCI, Europe1, Le Monde, Libération (involontaire?), une nouvelle fois et plutôt deux fois qu’une, mobilisés pour le plus grand nombre, contre le CPE et pour Sarkozy, récupération médiatico-politique oblige ! Un seul journal n’a pas joué le jeu, Le Figaro – pris au piège de son lectorat – a pris quelques distances pour ne fâcher personne à droite, mais pour combien de temps ? t
Design : Caricature Zone
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01 avril 2006
RTL, le rouge plus que jamais !

Dégraissage en vue à la rue Bayard, la direction de la station généraliste vient d’annoncer la mise en place d’un plan de départs volontaires dans les prochaines semaines. 130 des 380 salariés auraient plus de 50 ans, les nouvelles dispositions de la loi Borloo de 2005 pourraient donc permettre de réajuster les effectifs, une manière de réduire la voilure dans une maison qui a bien mal vieilli. Pourtant, personne n’est surpris. Quand elle dépassait encore les 18 points de part d’audience dans les années 90, RTL a beaucoup perdu depuis, 1 auditeur sur 3 a déserté son antenne aujourd’hui. Pire encore, première radio de France pendant de nombreuses années, elle a été dépassée en 2002 par NRJ. C’est qu’entre temps la FM a bien changé, l’éclosion des radios privées après 81 a bousculé le paysage actuel, les 4 grandes radios historiques, France Inter, Europe1, RMC et donc RTL ont pris un sacré coup de vieux.
Un premier signal d’alarme avait été donné en 2000, RMC – l’ex grande radio du sud – propriété de l’état puis des laboratoires Fabre, est rachetée par Alain Weill avec l’appui des banques et de fonds d’investissements. Tout un symbole, pour la première fois, un homme issu de la bande FM (Weill a été directeur général de NRJ group) va diriger une station généraliste, il appliquera d’ailleurs par la suite les règles qui ont fait le succès des radios musicales, le marketing. Terminé les fastes d’antan, la radio Monégasque quitte la principauté et s’envole pour la capitale, installée dans le 15ème arrondissement de Paris, les nouveaux studios plus modernes sont aussi nettement moins confortables. Bureaux en « open space », rédaction et régie publicitaire sont désormais logées à la même enseigne et sur un seul étage, la fameuses frontière entre publicité et antenne est donc franchie ?
La nouvelle direction fait table rase du passé, une grosse partie de la rédaction est placardisée puis virée, le marketing reprend le dessus et on amène un tout nouveau concept qui cartonne aux States, un mélange de talk, d’info et de sport. En Français, ça donne du cul et du foot, du poujadisme et du populisme…tout est bon à prendre et tout ce qui fait la polémique est prétexte à inviter les auditeurs à réagir, le tout avec appel surtaxé et tout au long de la journée. Café du commerce pour certains et véritable défouloir pour d’autres, la recette est simple et peu risquée, après un long déclin, RMC reprend des couleurs, créditée de moins de 2 points d’audiences en 2000, la station a plus que doublé aujourd’hui (4.8 points en Décembre 2005). Pari gagné, la radio ne fera plus les scores d’il y a 20 ans, mais les caisses sont à nouveaux remplies.
C’est donc aujourd’hui au tour d'RTL, confrontée à une érosion continue de son audience, elle doit s’adapter mais surtout se renouveler. Sur le plan humain, tout d’abord (lire plus haut) mais aussi sur sa stratégie d’antenne à plus longs termes, comment ? Pour l’heure, aucune piste ne semble clairement définie, la radio estampillée « familiale » propose aujourd’hui un programme riche et varié - information, divertissements, magazines, sport et débats politiques – pour les annonceurs c’est peut être un peu trop, mieux vaudrait sans doute se concentrer sur un public en particulier, il faut donc thématiser ?
L’avenir du média radio dans son ensemble, c’est le numérique. Comme pour la télévision il y a peu, le C.S.A vient de lancer un vaste chantier, la radio numérique pourrait devenir réalité dans les 2 ans à venir et au plus tard en 2012. A cette date, la radio analogique et donc actuelle sera définitivement enterrée comme l’exige Bruxelles. Avantage du numérique, le spectre plus large permet, outre la qualité de son, de diffuser plus de radios et sur tout le territoire. De nouveaux opérateurs pourraient donc entrer sur le marché, c’est aussi l’occasion pour les radios actuelles de se thématiser. RTL info, RTL sports, RTL jeux…thématiques diverses et autant de radios en perspective, c’est du moins le pari que l’on fait rue Bayard. D’ici là, le chemin est encore semé d’embûches puisque ils ne seront pas les seuls. RMC pourrait faire de même, son slogan actuel – Info, Talk, Sport – ne pouvait pas être plus clair…

